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26/09/2017

Gault & Millau Tour 2017 : Le Palmarès Grand Ouest


Le 25 Septembre 2017, le Gault&Millau Tour a fait escale à Dinard (35), en Ille et Vilaine. C'est au Grand Hôtel Dinard que le guide a distingué les lauréats Grand Ouest. Huit Bretons figurent au palmarès 2017.

Comme chaque année, les équipes du Gault&Millau sillonnent la France pour remettre des trophées. La région Ouest est la 5ème étape du Gault&Millau Tour.



Gault & Millau Tour 2017 : Le Palmarès Grand Ouest
La région Ouest, la cinquième étape du Gault&Millau Tour 2017
Gault&Millau, dénicheur de talents et initiateur de tendances, continue son Tour de France 2017 en faisant étape, le lundi 25 septembre en région Ouest, au Grand Hôtel de Dinard. Toutes les générations sont représentées lors de ces étapes du Gault&Millau Tour qui mettent en avant chefs, produits et savoir-faire régionaux. Ces événements rassemblent toute la profession pour une fête de la gastronomie en région.

Photo Gault&Millau - Côme de Chérisey, Directeur général et directeur de la rédaction de G&M
Photo Gault&Millau - Côme de Chérisey, Directeur général et directeur de la rédaction de G&M
« Gault&Millau goûte, partage et fait connaître. Avec le Gault&Millau Tour, nous nous déplaçons à la rencontre des chefs que nous avons découverts, pour les honorer. C'est un moment convivial qui rassemble la profession, favorise la transmission. Les cooking démos au cours desquelles se succèdent Chefs aînés et les Jeunes Talents favorisent le partage du savoir- faire. Le Gault&Millau Tour, c'est aussi des Trophées régionaux pour consacrer, encourager et impulser... », raconte Côme de Chérisey, Directeur général et directeur de la rédaction de Gault&Millau.

Le Gault&Millau Tour

Le Gault&Millau Tour met à l’honneur chaque année six régions françaises. L’objectif est de récompenser les chefs les plus talentueux de leur région, de braquer les projecteurs sur leurs établissements en valorisant leur cuisine (Gault&Millau d’Or, Grands de Demain, Jeunes Talents, Espoirs, Innovation, Pâtissier, Terroir d’exception), le service (Sommelier, Accueil en salle et Jeune Talent service en salle), et le savoir-faire (Tradition d'aujourd’hui et Transmission).
De 10h à 15h, les chefs-lauréats réaliseront des démonstrations culinaires. Un cocktail déjeunatoire réalisé par Daniel Le Guenan et ses équipes sera proposé aux invités.
Depuis 2013, le Gault&Millau Tour accueille également à cette occasion, les métiers de bouche et les responsables du tourisme et de l’oenotourisme.

Marc Esquerré, rédacteur en chef du guide national Gault&Millau présente le prestigieux palmarès 2017 de la région Ouest :

Le palmarès gourmand de la région Ouest

Un an ou presque après la précédente édition du Gault&Millau Tour Grand Ouest, qui s’était tenue à Saint-Malo, nous voici installés de l’autre côté de cette magnifique baie, accueillis dans l’un des plus beaux hôtels de la côte bretonne. C’est à nouveau pour nous l’occasion de rassembler tous les chefs bretons évidemment, mais aussi les normands auxquels nous associeront ceux des Pays de la Loire.
Tous ces chefs de l’Ouest de la France seront donc réunis avec un même objectif, celui de mettre en lumière le dynamisme de cette grande région, certes virtuelle mais qui nous a donné tant de grands chefs.

Notre Gault&Millau d’Or nous vient de Seine-Maritime, de cette ville du Havre qui possède avec Jean-Luc Tartarin sans doute l’un des grands chefs les plus méconnus. Ce technicien hors pair est une vraie chance pour le grand port normand.

Julien Lemarié est enfin chez lui, à Rennes, en face de la cité judiciaire, et peut enfin exprimer tout son potentiel et faire partager pleinement son univers. Il reçoit le prix Grand de demain pour sa cuisine très créative.

Il n’y a pas que du côté d’Oberkampf qu’on peut croiser des barbus à casquette derrière un fourneau. François Ricordeau, ancien second au Beaulieu, dirige aujourd’hui cette table moderne au cœur de la cité mancelle et sa cuisine actuelle lui vaut le titre de Jeune Talent.

A Honfleur, la noble Ferme Saint-Siémon cherchait la perle rare depuis plusieurs années. Le jeune Sébastien Faramond a des idées et sait les mettre en pratique, sous l’oeil bienveillant de l’immense Jacques Maximin, appelé en renfort. Sébastien reçoit le trophée Espoir.

La Vieille Auberge, à Hédé, attire forcément pour son cadre de dimanche à la campagne. A la tête de cette belle maison de pierre au bord d’un étang fleuri, Jean-Marc Leffondré reçoit le trophée Tradition d’Aujourd’hui pour sa belle cuisine classique.

Dans sa Mare aux Oiseaux, Eric Guérin a toujours très bien su s’entourer. Il a formé de nombreux chefs aujourd’hui reconnus et son pâtissier, Rodolphe Groizard, est assurément doué. Nous lui décornons le trophée du Pâtissier.

L’Auberge des Isles à Montreuil-Bellay est une petite oasis de charme pleine de simplicité et de naturel. La cuisine ne manque pas de raffinement et la cave est forte et commentée avec science par Aymeric Hilaire, à qui nous remettons le trophée de Sommelier.

Il se dit lui-même autodidacte mais Jean-Yves Jaguin est avant tout l’un des chefs les plus sensibles et les plus généreux d’une région à laquelle il rend un hommage vibrant par sa cuisine. Nous lui décernons le trophée de la Cuisine de la Mer, pour son travail très personnel.

Depuis plus de 25 ans, Jacques Pottier nous séduit par sa cuisine classique qu’il revisite à sa manière dans cette jolie table installée à quelques minutes de Château-Gontier. Avec son épouse Evelyne, directrice de salle compétente et pièce maîtresse de cette entreprise, il reçoit le trophée de l’Accueil en Salle.

A Brest, près de la place Fautras, Charlotte (en salle) et Romain Pouzaudoux (aux fourneaux) tiennent l’une des meilleures tables des environs. Inventive et personnelle, la cuisine de ce dernier lui vaut le trophée Innovation.

Le Trophée des Techniques d’Excellence part lui aussi vers le Finistère, chez Jérémie Le Calvez et Jessica Chelala, dans cette Auberge de la Pomme d’Api, belle et solide maison bretonne du XVIe siècle, qu’ils ont su moderniser.

Cuisinier de l’Année en 2004, Jean-Paul Abadie a réussi l’immense tour de force, avec la regrettée Véronique, de transformer une banale adresse de zone commerciale en l’une des plus belles et humaines tables de France. A la fin de l’année, il laissera la place à son fidèle sommelier et directeur de salle, Anthony Rault, qui saura sans aucun doute faire fructifier ce bel héritage.

Avec le trophée du Terroir d’Exception, c’est à nouveau un Finistérien qui est placé sous les feux de la rampe. Nicolas Conraux, le chef de la Butte à Plouider, travaille des produits d’exception et assure à chaque service, de la meilleure manière, la promotion des producteurs bretons.

Un an après son frère Rodolphe, le cuisinier à qui nous avons décerné le titre de Jeune Talent dans notre guide France 2017, c’est son frère Jordan qui reçoit le trophée de Jeune Talent Service en Salle. Rodolphe, la table nichée dans le centre historique rouennais, est plus que jamais une adresse à suivre.

Il est naturel de récompenser la qualité des relations d’un chef avec ses fournisseurs. Soucieux de toujours faire honneur au produit depuis 15 ans qu’il s’est installé avec son épouse Sophie aux Pesked, Mathieu Aumont reçoit ainsi le prix de la Naturalité.

Les titres attribués aux maisons distinguées lors de ce Gault&Millau Tour seront mentionnés dans l’édition France du guide Gault&Millau

Gault&Millau d’Or : Jean-Luc Tartarin - Restaurant Jean-Luc Tartarin (Le Havre 76)

4 Toques - 17,5/20

L’avis de Gault&Millau
Certains grands chefs inventent des plats, d'autres encore plus grands inventent des goûts. Jean-Luc Tartarin, depuis que nous le suivons, appartient à la seconde catégorie. Intransigeant sur le produit, il est dans la saveur originelle, qu'il décortique pour la marier, la mouler avec respect, la transcender. Un exemple avec une des bouchées d'amuse avant la grande pétarade : cannelloni de tourteau bigorneau souligné d'un jus soja basilic, une pure merveille, unique et délicieuse, un autre goût. D'autres sensations suivent dans ce repas, mené avec autant de charmante fantaisie que de professionnalisme par Annabelle, supervisant un jeune service parfaitement dans le ton. Et puisque les chefs japonais ne se privent pas de lièvre à la royale ou de tête de veau, Tartarin réplique avec une splendide langoustine sur un okonomiyaki parfumé d'un bouillon à l'algue kombu, avant de s'envoler, avec le subtil homard clémentine épinard, le très puissant rouget avec un jus de bouillabaisse hyperconcentré, la lotte sumac avec un aïoli léger, ou le bel hommage du saint-pierre façon Gérard Boyer (Jean-Luc fit dans le temps ses classes chez le maître rémois) poireaux et caviar. Ce grand art, qui s'appuie sur une confiance parfaite avec les pêcheurs havrais (certains poissons vivants sont traités ikejime par le chef lui-même) est aussi une des moins onéreuses de France à ce niveau, avec des menus qui sont clairement à 20 ou 30 € en dessous du marché. Heureux Havrais qui peuvent en profiter toute l'année ! Seule la carte des vins est bien à des tarifs de grande maison (un Grange des Pères blanc 2011 flashé à 392 €, proche du record de France), l'ensemble, mené par une sommelière dynamique, montrant néanmoins de nombreuses découvertes et de belles signatures.

Grand de Demain : Julien Lemarié - IMA (Rennes 35)

3 Toques - 15,5/20

L’avis de Gault&Millau
La bride est lâchée! Julien Lemarié est désormais chez lui, en face de la cité judiciaire, et peut ainsi s'exprimer librement et faire partager pleinement son univers. Il y a d'abord cette salle originale (belle alliance de béton, granit, ardoise, cuivre...) et intelligemment aménagée qui participe admirablement à la convivialité et au partage recherchés. C'est ainsi que la cuisine est complètement intégrée à la salle et ourlée d'un comptoir où 7 à 8 clients ont leur rond de serviette. On peut naturellement opter pour de jolies tables légèrement en retrait mais toujours face aux cuisines. Il y a ensuite et surtout la créativité aigüe et permanente de Julien Lemarié qui s'exprime dans des menus "surprise", puisant son inspiration sans se préoccuper d’une quelconque frontière : comme cette composition extrêmement rafraîchissante et parfumée à base de thon blanc, de vinaigre japonais sakura (cerisier), de pickles de légumes (concombre/chou-rave), d'eau de tomates, d'huile d'olive… ou bien encore ce filet de saint pierre parfaitement cuit, tonifié par des feuilles de boldo (arbre originaire du Pérou) et adouci par du lait de coco...ou ce cochon ibérique, fondant au possible, rustique et aérien...les desserts sont tout autant convaincants pas leurs saveurs, leur légèreté et leur esthétisme. Très élégante vaisselle, la carte des vins offrant déjà quant à elle offre de belles références : Puzelat en Loire et bio, meursault de François Mikulski, pouilly-fumé d'Alexandre Bain, vins du Rhône de Jean-Michel Stephan… Laissez-vous porter par les conseils du jeune sommelier et de ses propositions à l'aveugle. Le service, plein d'énergie, est efficace et volontiers complice.

Jeune Talent : François Ricordeau - Epi’Curieux (Le Mans 72)

1 Toque - 12,5/20

L’avis de Gault&Millau
Autant de modernité dans la sage cité mancelle, c'est presque un événement. Des barbus à casquette, on pensait que cela n'existait que du côté d'Oberkampf à Paris, mais il il faut savoir apprécier sa chance. Autour de François Ricordeau, ancien second au Beaulieu, la jeune équipe a bien l'intention de bousculer les codes. A l'orée du quartier ancien, cette salle accueillante est bien de son siècle, et l'assiette suit : tartare de veau façon vitello tonnato, gaspacho de fraises rouget et foie gras, faux-filet de boeuf sarthois poêlé, pommes de terre de Noirmoutier aux légumes verts et carmine grillée condiment chimichurri... Le menu Carte Blanche est à 35,90 € pour cinq assiettes, une aubaine...

Espoir : Sébastien Faramond - Ferme Saint Siméon (Honfleur 14)

2 Toques - 14/20

L’avis de Gault&Millau
Il va falloir du temps et quelques aménagements de premiers soins pour que cette noble salle devienne fréquentable pour une clientèle urbaine un peu avertie. La maison est magnifique, cela ne se discute pas, manoir anglo-normand dominant l'estuaire de la Seine, à l'écart de la belle cité honfleuraise qui constitue aussi un grand motif de visite. Et la bonne surprise, c'est qu'il y a un chef ! Sébastien Faramond a des idées et sait les mettre en pratique, comme un joli maquereau, bien sympathique, concombre et groseille, ou la lotte, épinard et moules, sur une marinière. Une cuisine à deux toques sur de bonnes bases, posée pourtant dans un environnement d'une lourde tradition, personnel récitant entretenu dans les us d'une restauration préhistorique, tarifs ébouriffants et cave très peu curieuse, concentrée sur quelques valeurs sûres.

Tradition d’Aujourd’hui : Jean-Marc Leffondré - La Vielle Auberge (Hédé-Bazouges 35)

2 Toques - 13/20

L’avis de Gault&Millau
Cette belle maison de pierre au bord d’un étant fleuri, attire forcément d’abord pour son cadre de dimanche à la campagne. Côté cuisine Jean-Marc Leffondré répond aux attentes de visiteurs qui ne se contenteraient pas d’un panier pique-nique. Et c’est tant mieux, les plats sont dressés avec recherche dans le foie frais poêlé pommes et gingembre, bar braisé vanille et mangue, ris de veau braisé morilles. La cave a du répondant.

Pâtissier : Rodolphe Groizard – La Mare aux Oiseaux (Saint Joachim 44)

3 Toques - 16/20

L’avis de Gault&Millau
Dans un havre de paix, un petit village en Brière, Eric Guérin vous propose une balade gourmande en sa Mare aux Oiseaux. Dans sa chaumière modernisée, les oiseaux n’y manquent pas, en porcelaine, empaillés, en tableaux, en volière, dans le jardin. Il y réalise une cuisine créative, des produits du terroir, des assiettes terre-mer, des herbes, des épices, pour un moment dépaysant et charmant. Son menu ‘’ Picorons ensemble’’ est une invitation à l’évasion, en pénétrant dans le ‘’Jardin secret printanier’’ des morilles, des asperges blanches, vertes, des minuscules champignons, un gésier, une vinaigrette crémée, puis ‘’B comme Brière’’, île flottante de poisson d’eau douce, des petites quenelles, des petits pois croquants, une chantilly au boudin noir et des orties sauvages en vinaigrette. Un poisson : ‘’D’une île à l’autre’’, un dos de maigre magnifiquement cuit, une petite purée fumée à la tourbe, des fèves croquantes, de l’ail des ours le tout accompagné d’un petit jus d’arêtes de poissons. Une viande : ‘’Poitrine de cochon et homard bleu’’ des petits cubes de poitrine bien confits, fondant en bouche, deux morceaux de homard translucides, des framboises et un jus de cuisson déglacé à la framboise. ‘’Un entre deux’’ une petite quenelle de betterave glacée, des pépins de grenade, chips de betterave, citron caviar, laitue de mer le tout arrosé de gin (original et rafraîchissant). Un dessert (signé par Rodolphe Groizard, l’excellent pâtissier de la maison) : ‘’Moaï, secret d’ailleurs’’ (dessert sculpté en forme de statues de l’île de Pâques) chocolat, noisette, caramel et crème glacée au sésame noir. Et pour finir quelques mignardises. En sortant un petit tour dans le village pour admirer les toits de chaume et pour prendre le temps de savourer, une fois de plus.

Sommelier : Aymeric Hilaire - Auberge des Isles (Montreuil Bellay 49)

1 Toque - 12/20

L’avis de Gault&Millau
Une oasis de charme au bord du Thouet, jolie maison ancienne transformée en accueillante auberge par les anciens du Puy à Vins de Puy Notre Dame. C'est la simplicité et le naturel qui gagne, non sans un certain raffinement dans l'atmosphère, sur une cuisine adaptée aux lieux : croustillant de chèvre, terrine de campagne, fricassée de lapin estragon et légumes croquants, joue de boeuf au saumur, financier cuit minute et crème fouettée. La cave est forte, avec plus de 150 références et une très bonne connaissance du vignoble.

Non présent à la remise des Trophées, excusé.

Accueil en Salle : Evelyne et Jacques Pottier - L’Amphitryon (Coudray 28)

2 Toques - 13/20

L’avis de Gault&Millau
Installée à quelques minutes de Château-Gontier, au coeur du bourg de Coudray, cet Amphitryon constitue encore et toujours l’une des valeurs les plus sûres du département. Jacques Pottier et son épouse Evelyne (directrice de salle compétente) connaissent parfaitement leur métier et, depuis 25 ans, reçoivent la clientèle avec la même honnêteté et la même gentillesse. Le chef maîtrise parfaitement les classiques qu’il revisite à sa manière, millefeuille de thon mariné gingembre et sésame, dos de cabillaud crème de laitue et tuile à l’encre de seiche, sablé cacao riz au lait sorbet et citron vert dans un parfait menu à 31 €.

Cuisine de la Mer : Jean-Yves Jaguin – La Ville Blanche (Rospez 22)

3 Toques - 15,5/20

L’avis de Gault&Millau
En lisière de ville, la longère blanche posée au bord d’une petite route de campagne se fait discrète. Comme les époux Jaguin peu portés à battre l’estrade avec tambours et trompettes ! La notoriété de leur belle maison rénovée avec élégance et sobriété, ils la doivent à l’adorable accueil de Nicole et à la pertinente cuisine de Jean-Yves, jamais compassée, jamais somnolente. Derrière le classicisme apparent des intitulés, se cache une cuisine bien dans son temps. Le saint-pierre est subtilement cuit au feu de bois et accompagné de belle manière d’asperges blanches, d’un vaporeux aux câpres et de noisettes torréfiées. Le vol au vent de ris de veau s’offre une cure de jouvence : le ris est présenté dans un "tube" feuilleté à la perfection. Il ne reste plus qu’à l’arroser d’un jus de viande dense et parfumé et à picorer dans une réjouissante timbale de quenelle de volaille et champignons de Paris. Et pour finir en douceur(s), la « fraîcheur d'agrumes » (orange, pamplemousse et citron vert) est rehaussée d’un parfait à la bergamote, d’une émulsion au Grand-Marnier et d’une sphère meringuée au chocolat. Service aimable et paisible. Carte des vins opulente et classique : M. Deiss, domaine Schoech, domaine Gavoty, La Bégude, la Mordorée, V. Pinard, P. Bise, A. Gras, domaine M. Lafarge…

Innovation : Romain Pouzadoux - L’imaginaire (Brest 29)

2 Toques - 14/20

L’avis de Gault&Millau
Près de la place Fautras, une des meilleures tables de Brest, tenue par Charlotte et Romain Pouzadoux. La maison affiche un tempérament résolument contemporain, avec une carte qui réinvente régulièrement ses assiettes, avec le goût de l’innovation et le sens du style personnel. Les compositions font la preuve d’une technique solide et d’un soin esthétique réfléchi, qui assurent à l’adresse une position remarquée en ville. Les menus étagés de 22 à 65 € permettent la découverte pour tous. Cave bien constituée.

Techniques d’Excellence : Jérémie Le Calvez - Auberge la Pomme d’Api (Saint-Paul-de-Léon 29)

3 Toques - 15/20

L’avis de Gault&Millau
Depuis quelques années, le centre de gravité des belles tables bretonnes semble se décaler peu à peu vers la mer de la Manche et l’arrivée de Jérémie Le Calvez dans cette jolie maison du XVIe siècle participe à ce phénomène. Avec Jessica Chelala, sa compagne directrice de salle compétente et souriante, ils travaillent d’arrache-pied pour assurer de beaux moments à une clientèle tombée sous le charme de ce jeune couple. Belle cuisine élégante et sincère, avec les langoustines asperges blanches lard de Colonnata et Noilly Prat, le turbot céleri pomme Granny-smith et épinards et le vacherin contemporain sorbet fraise litchi qui clôt agréable le repas. Cave personnalisée et sagement tarifée.

Transmission : Jean-Paul Abadie - L’Amphitryon (Lorient 56)

5 Toques - 19/20

L’avis de Gault&Millau
Avec son expérience, sa sagesse et son bagage technique, Jean-Paul Abadie peut se poser les bonnes questions et y répondre avec lucidité. Lui qui a tout connu, de l'assiette de brasserie au plus haut sommet, qui a traversé toutes les modes sans jamais lui-même y céder, n'entre pas dans des circonvolutions cervicales. Il se demande et nous interroge avec justesse : "C'est quoi un maquereau ? ", "A quoi sert une groseille ?", "ça raconte quoi un artichaut ?". Et dans ses réponses, pas de jaspinade, pas d'esbroufe, pas de "l'as-tu vu mon beau terroir ?". La quintessence du saint-pierre avec un jus vert intense, d'une gelée de homard caviar et artichaut, le bonheur d'une rencontre entre le poisson bleu et les fruits rouges. Ce grand monsieur va encore nous émerveiller quelques temps dans cet Amphitryon qui l'a vu, au sens professionnel, naître et grandir avec Véronique en muse forever, et il restera cette douceur, ce flot d'humanité qui traverse chaque assiette dans la modestie de l'homme de bien qui a accompli sa part. Dans la belle salle contemporaine, les convives, connaisseurs, pensent à remercier en profitant du moment, de la belle table à la vaisselle personnalisée, originale et jamais clinquante, au jeune service plein d'attention, mené par Anthony, complice du chef depuis quinze ans, et qui sait lui aussi prolonger la magie de cette maison à part, avec cette cave toujours fouineuse qu'il a continué à développer. A la fin de l'année 2017, Jean-Paul Abadie laissera les clés de cette maison, qu'il a hissée si haut avec Véronique, à son fidèle sommelier et directeur de salle Anthony Rault. Le chef qui prendra sa place aux fourneaux n'est pas encore désigné, mais à jamais cette maison de beauté et d'humanité restera une extraordinaire aventure que les fidèles ne voudront pas quitter. La suite avec les premiers bourgeons...

Terroir d’Exception : Nicolas Conraux - La Butte (Plouider 29)

3 Toques - 15/20

L’avis de Gault&Millau
Créé après-guerre par Jeanne-Yvonne Bécam, véritable figure tutélaire de cette Côte des Légendes, l’ancien restaurant ouvrier sans prétention des origines a progressivement fait place à cette hôtellerie raffinée qui rassemble une vingtaine de belles chambres, un spa avec piscine couverte et même une épicerie fine. Une entreprise qui va de l’avant, dans le sillage de Solène et Nicolas Conraux-Bécam, et dont le restaurant est une figure de proue reconnue : soupe d’étrilles et tartine de homard, escalope de foie gras poêlée rigadelle petits violets et safran bigouden, lieu de ligne mousseline d’échalote au barbecue sauce fumée aux algues… Les fromages sont affinés par la ferme de Kérouzine et les desserts (dont une jolie variété de fraises et crémeux de pioka au jasmin) confortent les trois toques. Cave complète et bien commentée.

Jeune Talent, Service en Salle : Jordan Pottier - Rodolphe (Rouen 76)

3 Toques - 15/20

L’avis de Gault&Millau
Et si Rodolphe Pottier était, pour les Rouennais connaisseurs, le Gilles Tournadre de sa génération ? A vingt-cinq ans, le jeune chef passé chez Fréchon et Pic brûle les étapes. Jeune Talent, deux toques l'an passé, la troisième dès maintenant, on va commencer à venir de loin pour voir ce qui se passe rue Percière. La fulgurance est dans la cuisine, et l'étonnement dans les tarifs : à 45 (cinq plats) ou 65 € (sept plats), la découverte est majeure et enthousiasmante, avec ce qu'il faut de produits nobles et d'idées neuves réalisées avec brio : l'interprétation du saumon à l'oseille, le superbe sabayon oursin sur le rouget avec les langues en tempura, le ris de veau au sautoir et navet boule d'or au cédrat, avant un lièvre à la royale digne des grands classiques. Dans l'entourage, tout le monde s'y met, le pâtissier complète l'affaire en délicatesse (crème tiède au citron bergamote, comme une tarte chocolat sarrasin jus d'herbes fraîches), Jordan, le frérot dans la salle, gagne en précision et sobriété aux côtés de l'impeccable Franck, tout en maintenant une atmosphère détendue dans cette salle épurée, et la cave se construit doucement.

Naturalité : Mathieu Aumont - Aux Pesked (Saint-Brieuc)

2 Toques - 14/20

L’avis de Gault&Millau
Sophie et Mathieu Aumont fêteront en 2017 leur quinzième anniversaire à la tête de cette belle maison briochine. Ils n’ont sans doute pas vu le temps passer aussi vite, mais ont su faire évoluer leur maison, lui offrant un nouveau décor il y a quelques années, tout en gardant un oeil sur ce qui se fait autour d’eux. La cuisine de Mathieu, fine et délicate et qui valorise toujours le produit, demeure l’une de nos préférées dans les environs, notamment pour ses plats de poisson (superbe langoustine royale avec ses ravioles quelques grains de caviar et une brunoise de radis notamment) et le beau menu tout homard, pour les grandes occasions. Service élégant, cave très complète.

Gault&Millau Tour
Gault & Millau

Crédit photos Manuel Clauzier




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